C/ LA MUSIQUE REND INTELLIGENT

L’atout de la musique par rapport à d’autres activités ?

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La musique a l’avantage de faire travailler en simultané une foule de régions cérébrales. Sous le crâne d’un musicien, un festival de connexions se met en marche lorsqu’il interprète un morceau. Ses  yeux déchiffrent la partition abreuvant les aires visuelles d'un grand nombre de signaux codés : des notes noires, blanches affutées de croches de dièses ou de bémols .  Instantanément, tous ce langage afflue vers les aires motrices des mains droites et gauches. Par l’entraînement, ces aires ont appris à traduire ces signaux en une série de gestes. La tâche paraît difficile, le musicien n’a pas le temps poser les yeux sur les touches ou les cordes pour savoir où placer ses doigts. Les  aires  motrices doivent calculer avec précision  leur déplacement sur l’instrument et surtout coordonner les mouvements des mains qui jouent chacune une partition différente. Il leur faut également respecter le rythme qui peut être très rapide : les grands virtuoses produisent jusqu’à mille notes par minute. Une difficulté supplémentaire est d’être à l’écoute des autres musiciens. Lors d’une improvisation de type jazz ou rock, il faut être capable de réagencer mentalement note accord et rythme. Mais il ne faut pas oublier les règles du solfège et rester dans la tonalité générale du morceau.

Toutefois ces prouesses ne sont pas innées. C’est l’entraînement qui façonne le cerveau de l’artiste. En effet, selon une étude livrée par Aude Hauser-Mottier, le cerveau d’un grand musicien a un corps calleux dont le volume dépasse de 20% celui d’un être non-musicien. Le corps est situé entre les deux hémisphères, il synchronise le cerveau droit qui contrôle la main gauche avec le cerveau  gauche qui contrôle la main droite. Le volume des aires musicales impliquées augmentent après quelques années d’éducation musicale. Cela signifie que dans ces régions, le cerveau a fabriqué de nouveaux neurones et multiplié leurs connexions. Cette transformation est due à la plasticité cérébrale . Il vaut donc mieux jouer d’un instrument dès l’enfance lorsque le cerveau n’est pas encore totalement développé.

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L’avantage est que la plupart de ces circuits cérébraux sont utilisés pour d’autres activités que la musique. Les facultés que l’on acquiert en pratiquant un instrument (Une plus grande dextérité, de bonnes capacités d’attention, une meilleure perception) nous permettent de faire des progrès dans un grand nombre d’activités. On acquiert une meilleure habileté avec les outils, et une plus grande attention en cours par exemple.

Ce qui est surprenant c’est que aptitudes dans des activités n’ayant pas de rapport avec la musique sont révélées par la pratique d’un instrument.

Ainsi, lors d'une étude réalisée en 2005 sur des enfants qui pratique un instrument, des chercheurs ont remarqués qu'ils obtenaient de meilleurs résultats à des tests où on leur demandait de retenir une liste de mots mais aussi à des exercices de raisonnements et de mathématiques. Mais, s’il est un domaine où la musique permet de faire des progrès fulgurant, c’est le langage. Et pour cause, selon l’émission E=M6 diffusée le 05/09/2010, ces deux activités exigent de développer de compétences extrêmement proches. Dans les deux cas il faut mémoriser des sons particuliers (des sons / notes) et les organiser selon des règles précises (grammaire/solfège). La parole, tout comme la musique demande de mémoriser les variations de rythmes et d’intonation. Il suffit de prononcer la dernière syllabe un peu plus dans l’aigu pour changer une phrase déclarative en interrogative, et donc changer son sens. Intonation et rythme renseigne sur l’état d’esprit et l’intention de celui qui parle : une personne triste parle plus lentement avec une voix grave et une en colère parle plus vite et plus fort.

 Pour le prouver, une étude a été réalisée par Mireille Besson de l’institut de neuroscience cognitive de Marseille. Elle a soumis des enfants de 8 ans à un test de lecture consistant à lire un texte inconnu à voix haute et le plus rapidement possible. Pendant les 6 mois suivant, la moitié ont reçu une formation musicale, les autres, un atelier peinture. Selon les résutat, les "musiciens" avaient faits de plus gros progrès en lecture que les "peintres". Aussi ont-ils été plus rapides pour déchiffrer des mots réputés difficile tels que "chewing-gum", "taureau", ou "déchanter". Mireille Besson explique que les difficultés de lecture viennent souvent d’un défaut de perception des sons. S’ils n’ont pas réussis à capter parfaitement la prononciation de ces mots, ils auront d’autant plus de mal à les reconnaitre à l’écrit et à les dire ensuite.

Ecouter Mozart, à quoi ça sert ?

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" La musique de Mozart correspond à une structure très profonde du cerveau. Mozart a exprimé un cerveau, celui de tous les hommes, la copie de ce qu’il y a dedans. "

(Henri Laborit, dans une entrevue télévisée.)

 

 

 

 

L’idée selon laquelle la musique influence le comportement de l’homme est reconnue de tous.  Une marche bien rythmée comme celle de Sousa encourageait les moins braves à aller au front. Tous les genres de musique ont leur effet : musique de jazz, d’église, de danse, etc. La plupart du temps, ces types de musique s’adressent au cerveau limbique. Si l’on reconnaît que la musique a un effet sur les comportements humains, les sentiments, les attitudes et la motivation, on serait cependant sceptique quant à un effet sur le raisonnement. Pourtant des chercheurs du " Center for the Neurobiology of Learning and Memory " de l’Université de Californie à Irvine, ont vérifié l’effet de la musique de Mozart sur le raisonnement.

 

Première recherche sur l’effet neurophysiologique Mozart

Dans une première étude, les chercheurs de ce centre, Frances H. Rausher, Gordon L. Shaw et leurs collègues ont soumis 36 collégiens à trois conditions expérimentales d’une durée de dix minutes chacune :

  1. écouter la sonate pour deux pianos en ré majeur, K.448 de Mozart;
  2. écouter une cassette audio donnant des consignes de relaxation
  3. demeurer en silence.

Dans les 15 minutes qui suivaient ces trois conditions expérimentales, les collégiens étaient soumis à un test de raisonnement abstrait-visuel du Stanford-Binet : soit analyse de modèles, matrices ou pliage et découpage de papier.

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Les scores moyens obtenus ont été convertis en QI. Le groupe Mozart a obtenu un QI de 119 alors que les groupes de relaxation et silence ont eu un résultat de 111 et 110. L’analyse des statistiques après chacun des 3 tests a révélé que les étudiants du groupe Mozart avaient de meilleures performances aux tests de raisonnement abstrait-visuel. La performance intellectuelle du groupe Mozart diffère significativement de celle des deux autres groupes, relaxation et silence. Les performances des groupes relaxation et silence ne diffèrent pas l’une de l’autre. L’effet Mozart mesuré dans cette recherche est l’effet produit par la sonate dans les 15 minutes qui suivaient l’audition de dix minutes. On ne sait ici si cet effet sur le raisonnement persiste au-delà des 15 minutes de la période de test.

 

Deuxième recherche sur l’effet neurophysiologique Mozart

C’est dans leur deuxième recherche de 1994 que ces mêmes chercheurs ont vérifié si l’extinction de l’effet Mozart est constante. Ils ont voulu vérifier du même coup les bases neurophysiologiques de cette amélioration du raisonnement abstrait-visuel.

Ils ont donc soumis 79 étudiants à trois conditions expérimentales sur une période de cinq jours :

  1. écouter la même sonate de Mozart, K.448, utilisée dans la première recherche,
  2. demeurer dans une situation silencieuse
  3. écouter de la musique de Philip Glass, une histoire sur ruban audio et un morceau de danse.

Les sujets étaient ensuite évalués avec 16 figures abstraites semblables à des feuilles de papier pliées projetées sur un écran pendant une minute chacune. L’exercice consistait à dire à quoi ressembleraient ces figures si elles étaient dépliées. Les trois groupes ont amélioré leur performance en raisonnement abstrait-visuel du jour 1 au jour 2 : la reconnaissance des figures dépliées par le groupe Mozart s’est élevée à 62% comparativement à 14% et 11% pour les groupes " silence " et " mixte " respectivement. Durant les trois jours suivants, le groupe Mozart a continué d’atteindre les plus hauts scores, alors que les performances des deux autres groupes ne s’améliorèrent plus significativement.

 

Visualisation de la musique de Mozart

Selon les auteurs de ces deux recherches, l’écoute de la musique de Mozart contribue à calibrer la conduction nerveuse dans le cortex, particulièrement par le renforcement des processus créatifs de l’hémisphère droit associés au raisonnement spatio-temporel. Écouter Mozart faciliterait les opérations de symétrie associées aux plus hautes fonctions cérébrales, de même que la concentration et la pensée intuitive. Selon ces chercheurs, la musique de Mozart "réchauffe" le cerveau parce qu’elle est une musique complexe et qu’elle a un effet sur les configurations neurologiques complexes impliquées dans les activités cérébrales, telles que les mathématiques et les parties d’échecs. D’après les effets neurophysiologiques notés dans les encéphalogrammes administrés lors d’études préliminaires et complémentaires, les auteurs voient une similitude entre la disposition des cellules nerveuses en colonnes dans le cortex cérébral et l’architecture de la musique de Mozart.La complexité de la musique de Mozart a été illustrée en spectrogrammes par Alfred Tomatis qui les a publiés dans son essai "Pourquoi Mozart ?". La musique de Mozart est immédiatement accessible à l’auditoire. Les compositeurs comme Beethoven ou Bach  nécessitent une certaine éducation musicale pour décoder leurs mécanismes.

 

Ecouter Mozart permettrait d’augmenter notre QI. Mais il faut tout de même prendre au fait que d’autres études ont été réalisé contredisant cette théorie. Aujourd’hui, nous sommes d’accord pour dire que le QI n’augmentait que durant un court laps de temps et que seule la pratique d’un instrument modifie la proportion du volume de notre cerveau.

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